Amadou

— Extrait « Les amour révolutionnaires », 2012

J’ai appris qu’Amadou était malade depuis des jours. Et peut-être qu’il ne reviendra plus. « Des gars comme lui, on m’a lancé après, on en trouve à tous les coins de rue, il sera remplacé prochainement. » Je ne suis pas d’accord avec les loubards du cimetière. Amadou, il est un unique avec ses rêves du Sénégal.

Je retourne à mon travail fâché de ne faire que croiser des gens. Encore un que j’aurais à peine connu. Amadou, il aurait pu être mon ami, le vrai à qui on se confie, ils gardent tout pour eux ces gens, on leur apprend ça dans les pays chauds. Ici, misère, tout le monde parle sur tout le monde si bien qu’on ne sait plus quoi de qui sur qui pour quoi. On s’embête comme des insectes et on apprend à vivre en s’embêtant c’est bien le comble du quotidien. Les gens se regardent et cela ne va pas plus loin. J’avais dit à Fancie, allons à Paris, revenir pour survivre c’était mes mots, parce qu’on y est nés ici et qu’on y mourra surement. Au moins on fera des expositions, du vernissage avec d’autres idiots, mais elle n’est pas folle la gamine, elle ne se laisse pas avoir et je ne l’embarque jamais bien loin. Elle se planque encore, c’est son jeu favori, elle ne sait faire que ça.

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