Le ferry

ferry

— Extrait « C : la face noire de la blanche », 2014

Nous prenons le ferry qui nous emmène jusqu’à l’île. Le soleil du matin chauffe sur nos têtes. Derrière mes lunettes noires, je mate ton visage, ta peau, tes cheveux. Rien n’a bougé, tu me reviens comme avant. Et moi, est-ce que j’ai changé ? Me trouves-tu changée ? Peut-être que cette aventure m’a fait vieillir. Je te demande et tu me réponds : « Non, tu es parfaite mon amour » avant de m’embrasser furtivement sur le front. J’avais oublié combien j’aime ces baisers instantanés, non prémédités, trop courts aussi pour en prendre pleinement plaisir. La marque brûlante de tes lèvres, je peux la sentir encore, des heures après que le baiser ait été donné, un diadème que je porte comme une princesse.

Nous arrivons les premiers pour ouvrir la maison aux amis, les accueillir en bonne et due forme. La demeure se tient face à la mer sur des rochers. C’est beau, je pense, c’est ce que toute fille de mon âge rêverait : un homme qui lui donne une vue.

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